Ancrage du genre dans les formations santé sociale

Un tour d’horizon des formations professionnelles centrées sur la santé et le social en Suisse romande (principalement dans les Hautes Ecoles spécialisées) a montré que le genre est encore peu intégré actuellement, malgré une reconnaissance grandissante de l’intérêt de cette approche. Le constat principal est une absence d’institutionnalisation de ce type d’analyse dans les formations de base et les formations continues dispensées. Certains cours apparaissent dans différents cursus, mais intègrent de manière très partielle le genre, et surtout reposent sur une démarche volontaire – et donc précaire – du corps enseignant, et non pas sur des cours institutionnalisés.

Le module « Rapports sociaux de sexe » proposé dans le cadre des Hautes Ecoles romandes de Travail social constitue l’exception principale que nous avons relevée, et l’exemple que nous avons retenu pour réfléchir à l’implantation du genre dans la formation professionnelle, et son transfert vers la pratique. Trois entretiens ont été réalisés : avec la responsable de formation concernée et avec deux étudiantes ayant intégré ces questions dans leur formation et profession. Le questionnement s’est focalisé sur l’ancrage du genre dans la formation professionnelle d’une part, et sur la possibilité d’appliquer cette perspective dans la pratique professionnelle au quotidien.

Un module « rapports sociaux de sexe » pour déconstruire sa pratique
« Le principe de la formation en travail social dans le cadre des Hautes écoles est celle d’une étudiante et d’une professionnelle réflexives, d’un étudiant et d’un professionnel réflexifs. Dans cette perspective, l’idée du module 'Rapports sociaux de sexe' est de montrer comment le fait d’appartenir à la catégorie sociale 'femme' ou 'homme' d’une part conduit à vivre des expériences différentes en tant que professionnel-le-s (comment on est assigné-e-s à des tâches et considéré-e-s comme possédant des compétences/qualités différenciées en fonction du genre, alors qu’hommes et femmes bénéficient de la même formation, donc des mêmes compétences) ; d’autre part, à prendre conscience des stéréotypes et des valeurs qui peuvent être reconduites – ou non, justement ! –, à l’égard des usagers et usagères des institutions du travail social. De sorte à agir contre les discriminations de genre et à promouvoir l’égalité dans le cadre des professions du travail social. » Prof. H. Martin.

Nous avons choisi de vous présenter sur ce site une synthèse des principaux éléments mis en évidence par l’enseignante et par les anciennes étudiantes, et de les illustrer avec des citations ciblées. Les interviews complètes peuvent aussi être téléchargées en pdf.